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- Italie et Col du Simplon -

Week-end groupe alpi 2017

Vendredi 30 mars au lundi 2 avril 2018

De la pizza Miriam aux curés du Simplon... toute une histoire !

Initialement, nous devions aller randonner dans les Ecrins. Mais ça, c'était sans compter sur la météo qui s'annonçait mauvaise durant notre week-end de quatre jours. Pourquoi pas un peu d'escalade dans les calanques ? Non, même résultat. C'est donc d'un commun accord que nous décidions de passer la frontière direction l'Italie et le Val Formazza pour tenter d'échapper au mauvais temps.

Toutefois, en ce vendredi matin, les Couturier me semblent légèrement à l'ouest. Gaëlle oublie son téléphone. Jusque là, ça va, elle peut tenir quatre jours sans. Mais Christian oublie sa veste et là, c'est un peu plus délicat. Demi-tour alors que nous ne sommes pas encore trop loin pour finalement retrouver la veste bien rangée dans le coffre. Euh.... Cricri, on s'réveille là ?!?

Bref, malgré toute notre bonne volonté, c'est quand même sous la pluie que nous arrivons à Valdo où pour débuter notre week-end, un télésiège des années 50 nous attend. On a sûrement dû prendre peur de l'engin pour aller nous réconforter dans le premier restaurant du coin et avaler un plat de pâtes avant d'attaquer les choses sérieuses (oui oui, on avait une grosse motivation, on vous l'dit !).

Une heure plus tard et l'antiquité du ski italien derrière nous, nous étions prêts à installer les peaux pour attaquer la montée jusqu'au refuge QUAND SOUDAIN Christian ne cherche plus après sa veste, mais après ses peaux ! Ah oui, ok, on en est là... elle a été dure la semaine Christian, non ?

Le refuge de Miriam est un petit coin de paradis. Un petit cocon tout de bois construit avec un couple de gardien tout aussi gentil l'un que l'autre. Guides et amoureux de leur environnement, ils nous accueillent avec leur chien d'avalanche dans leur petit havre de paix enseveli sous la neige.

Loin de tout, sauf de la nature. Coupés de tout, sauf des bonnes choses. Des grandes fenêtres de la salle à manger où pendouillent de jolies boules de Noël, nous jouissons d'une vue panoramique sur les montagnes enneigées (bon, ok, en réalité nous étions en plein dans le brouillard, on y voyait rien) mais bon sang que c'était chouette !

Malgré le mauvais temps nous décidons de faire deux groupes, Eric part avec Christian et Thibault répéter les conversions, tandis que Tonia, Gaëlle, Macjie, Elliot et moi partons dans le brouillard équipés des cartes et boussole pour tenter de nous repérer par mauvais temps. Si nous entendons la montagne craquer tout autour de nous, tout le monde rentrera sain et sauf après avoir appris au sujet du travail en groupe, de l'écoute de chacun et des prises de risque.... hein les filles....

Nous finirons la journée autour du poêle à faire connaissance avec les gardiens du refuge qui réussiront à nous vendre leurs bonnes bouteilles de rouge (ça ne vous étonne pas ? Moi non plus...). Bon, plus sérieusement, avec Tonia et Gaëlle nous préparons la course du lendemain que nous réaliserons entre filles (bon Eric, tu as le droit de venir, t'es bon en carto!) et nous visons en premier lieu le refuge de Margarolli puis, si le temps le permet, un petit sommet plus loin. Les garçons se préparent à effectuer le même parcours jusqu'au refuge (en départ décalé pour ne pas tricher sur nous, voyons...) puis ils essaieront d'atteindre ensuite un autre sommet. Nous devrions donc prendre deux chemins différents.

Mais ça, c'était encore sans compter sur le mauvais temps. Le samedi matin, alors que nous émergeons doucement, tout est encore dans le brouillard et non, chers lecteurs, ce n'est pas parce que nos yeux étaient encore collés ! La visibilité est nulle et depuis le refuge nous voyons bien que ça continue de purger de part et d'autre.

Pour plus de sécurité, le choix est fait de partir ensemble jusqu'au prochain refuge. De là, nous aviserons. Les filles prennent la tête du chemin (parce qu'on a bien bossé notre itinéraire, et toc!) mais nous nous rendons vite compte que ce n'est pas si facile. Finalement, une fois arrivés au refuge Margarolli nous décidons de rentrer au refuge Miriam, le temps n'étant pas de notre côté.

Nous passerons l'après-midi à réaliser des test ARVA et des simulations d'avalanches, le tout en entendant la montagne gronder autour de nous sans pouvoir y voir grand chose.

« Non mais ça c'est les avions les filles » ... quel comique notre Thib. On fait vraiment si naïves que ça ???

Bref, après s'être fait ensevelir sous la neige (je respire, tout va bien, les copains ne sont pas loin) nous avons tous rejoints le poêle à bois avec joie ! C'est d'ailleurs l'occasion de goûter les bouteilles de rouge achetées la veille, n'est ce pas....

Dimanche, même topo, sauf qu'en plus le vent s'est levé ! Super ! Légèrement abattus, nous décidons de rejoindre les véhicules et trouver un plan B. C'est là qu'il est intéressant d'avoir un guide qui connaît bien le coin. Thibault nous proposera de faire un tour au col du Simplon voir si la météo y est plus clémente. Les moines de l'Hospice du Simplon ont encore des lits pour nous et le soleil pointe le bout de son nez. Nous décidons de tenter notre chance et partons en ski de rando en direction du Staldhorn (2462m) que nous atteindrons tous pour le plus grand bonheur d'Eric !

Alors que la descente se révèle toujours aussi longue pour moi (mais pourquoi faut-il toujours redescendre!!) nous préparerons notre course du lendemain une fois rentrés. Depuis la fenêtre de l'Hospice, je lorgne sur une montagne juste en face de nous qui me paraît plus que sympathique avec une petite course d'arrête.

Thibault décide de faire deux groupes : d'un côté Tonia, Eric et moi. De l'autre Gaëlle, Christian Macjie et Elliot. Tandis que ces derniers travaillent leur programme de leur côté, j'essaie de convaincre Tonia et Eric de faire le Tochuhorn. La traversée en arrête m'attire et j'ai bien envie de tenter ça. Ce serait une première pour moi mais également pour mes deux compagnons. Nous aurions Thibault avec nous, ce qui rassure. Alors pourquoi pas ?

Après moultes discussions et comme nous nous aimons trop les uns les autres pour nous séparer, qu'on est un groupe et qu'un groupe ça reste uni, finalement nous partons tous faire le Tochuhorn ! Allé, Yala, on y va!

Lundi matin, réveil 5h (« j'me réveille comme une fleur... » ou pas) nous attaquons la montée avec le lever de soleil et un ciel bleu magnifique. Spectacle qui nous rappelle pourquoi il est bon de se lever tôt...

Cette fois-ci c'est Elliot qui oublie ses crampons. Bon la prochaine fois, faut vraiment qu'on vérifie de pas oublier nos têtes les gars parce que là, ça craint de plus en plus.

Une fois arrivés au col, nous regardons tous l'air légèrement perplexe, le début du couloir où nous sommes censés monter les skis sur le dos. « Euh, Thib, t'es sûr que c'est là ? » « ouai ouai ça passe tranquille... » mais c'est bien sûr...

Nous rangeons donc les skis, sortons les cordes, baudriers, crampons et piolets et c'est parti. Après tout on l'a voulu ! Thibault prend la tête avec Eric, tandis que Tonia m'assure, Elliot Macjie Gaêlle et Christian sont encordés à quatre.

Sous un magnifique soleil nous traversons le Toshuhorn par l'arrête Est puis redescendons par l'arrête Ouest. Bon ok, faut quand même que j'avoue une chose, moi aussi j'ai fait ma boulette du week-end ! J'ai mal attaché mes crampons et sans m'en rendre compte (forcément) ils ne tenaient plus rien (en même temps, qui se ressemble s'assemble, on est pas un groupe pour rien, la boucle est bouclée!).

Bref, c'est une superbe première expérience en la matière et je suis toute en confiance avec Tonia. Les paysages sont magnifiques et toute l'équipe semble ravie. Arrivés de l'autre côté, photo oblige, nous sommes tous très contents de notre journée, jusqu'à ce que je me rende compte de ce qu'il va falloir descendre. Aïe aïe aïe, là, ça coince, moi et mon super niveau à ski, on va pas bien s'entendre.

Je souffle, j'y vais, je fais une pause, je resouffle, j'y vais de nouveau, je refais une pause. Le point positif c'est que maintenant je gère le dérapage (enfin, je crois).

Nous rentrons à l'Hospice en début d'après-midi, je suis usée et mes jambes ne répondent plus mais je ne suis pas la seule ! Le ciel s'est couvert et un hélico effectue des allers retours du parking au col où nous étions encore ce matin. Nous apprendrons le lendemain que des skieurs ont été victimes d'une coulée et que l'un d'eux est décédé.

A cela il ne faut à mon sens pas y accorder plus d'importance que nécessaire. Nous sommes partis très tôt, lorsque les conditions étaient optimales. Nous ne savons pas comment ces skieurs, eux, ont organisé leur course. Il faut rester sur cette touche positive qu'est cette magnifique course que nous avons effectué ensemble, malgré nos différences de niveaux. Nous sommes tous restés motivés et unis, tous avec notre bonne humeur, notre bonne volonté et c'est là la beauté du week-end.

Résultat, nous rentrons lundi soir des images plein la tête, motivés à continuer cette aventure du groupe alpi, aventure sportive mais avant tout humaine, toujours aussi riche d'expériences.

Bon retour chez vous les amis, et à la prochaine sortie !

Amélie

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