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- Comme des grands, ou presque -

Week-end groupe alpi 2017

COMME DES GRANDS (ou presque…)

Samedi 16 juin 2018. 5h00, parking d'Inter, Douvaine.

Ambiance….

C'est parti, le premier week-end du groupe alpi sans notre guide, notre fil rouge, notre Maestro, j'ai nommé Thibault. Nous serons sept pour ce premier week-end en autonomie, ce qui est déjà pas mal.

Tonia ne dort plus depuis deux jours, Gaëlle s'en est coincée le dos. Vaille que vaille, personne ne se laisse démonter et, comme des grands, nous prenons la route direction le Tunnel du Mont Blanc pour un passage en Italie et une arrivée à La Palud pour prendre le funiculaire direction la Punta Helbronner.

Départ à 3.462 mètres d'altitude. Le ton est donné pour le week-end. La météo est excellente et c'est sous un beau soleil que nous prenons la direction des Aiguilles Marbrées, 3.535 mètres d'altitude.

Je traverse pour la première fois un glacier qui porte bien son nom, le glacier du Géant. Il peut l'être, le lieu est magnifique, apaisant, époustouflant de beauté.

Les Aiguilles Marbrées se dressent face à nous, inhospitalières pour la novice que je suis avec leurs pics acérés, tranchants et pointus. Mais qu'elles sont belles ces aiguilles.

Et moi petite chtimi parmi la « dream team », c'est bien là que je me rends.

La traversée est de niveau PD, d'un engagement côté II et s'effectue en 200 mètres de dénivelés.

A priori, une bonne course pour se faire la main sans se mettre dans le mal. Nous effectuerons donc la traversée Nord – Sud.

Une fois les crampons chaussés et les cordes délovées, toute la troupe part en direction du col de Rochefort. Tout d'abord par deux cordées de 4 et 3 pour traverser le glacier, nous nous diviserons ensuite en trois cordées pour la traversée de l'arête.

Une fois au pied de la voie, je démarre donc avec Tonia (l'alpinisme au féminin Messieurs, prenez-en de la graine) tandis qu'Elliot part avec Eric M. et que nos trois mousquetaires, alias Seb, Eric R. et Christian jacassent pour savoir lequel des trois portera la culotte aujourd'hui.

Quelques gentils pas d'escalade nous mettent l'eau à la bouche alors qu'en arrière-plan, la Dent du Géant nous nargue, resplendissante, pourfendant le ciel et nous donnant ainsi l'impression que les avions dont les lignes aériennes survolent nos têtes vont venir la percuter de plein fouet…. C'est ainsi qu'ils disparaissent derrière elle pour réapparaitre de l'autre côté. Instant magique.

Nous rejoignons ensuite une petite et belle arête de neige lorsque le brouillard nous gagne. Changement d'ambiance… Puis, une fois les gendarmes contournés, nous parvenons rapidement au sommet où nous savourons naturellement l'instant présent, le tout sous le soleil.

Nous sommes tous heureux comme des gamins, que demander de plus !

Une fois redescendus en bas du gendarme, nous avions initialement prévu de redescendre en rappel et rentrer au refuge mais ça, c'était avant qu'on se sente pousser des ailes ! Nous avons finalement opté pour continuer la traversée vers le Sud et descendre en rappel plus loin.

Avec du recul, descendre au premier rappel aurait vraiment eu un léger goût de trop peu et cela nous a permis de nous amuser encore un peu. Alors enjoy !

Mais ça, c'était jusqu'à ce qu'un violent mal de tête vienne me gâcher mon rappel et le retour au refuge. La tête dans un étau, il est grand temps pour moi de redescendre ! Nous partons devant, Tonia en tête, je suis tant bien que mal la corde rouge dans le brouillard qui revient. Vite, un lit….

Une fois arrivés au refuge, je monte me coucher pensant être la seule (il est tout juste 16h30) lorsque je vois toute la troupe débarquer et faire de même ! Eh bien ! Quelle équipe !!! Et croyez-moi, jusqu'au repas, ça a roupillé sévère dans la chaumière !!!

Le dimanche matin, je me réveille en pleine forme dimanche tandis que mes compagnons de cordées se sentent à leur tour patraques.

Nous partons quand même à 5h du refuge direction l'Aiguille de Toule. Le projet initial de réaliser l'ascension de Tour Ronde a vite été abandonné suite au décès deux jours plus tôt de deux jeunes alpinistes dans la voie normale. Ok les gars, on reste en vie, on oublie les 10% de perte, nous on veut juste rentrer tous ensemble.

Nous partons donc au lever du soleil en plein dans ce que les alpinistes appellent « l'heure bleue » et ça, ami lecteur, ça n'a pas de prix. C'est en fait pour ces moments là que je veux aller là-haut, pour contempler la beauté de la nature et la pureté d'un lever de soleil sur les cimes enneigées, ce dégradé de jaune qui apparaît au loin et apprécier la chance de pouvoir assister à ce spectacle de la nature.

Bref, après 15 pauses photos, nous arrivons tout de même au col oriental de Toule d'où commence l'ascension.

Le niveau est également PD et d'un engagement moindre qu'hier puisqu'il n'est que de I mais il y a nettement plus de neige qu'aux Aiguilles Marbrées. Les piolets sont de sortie.

Relativement facile, cette course est accessible à des cordées de débutants comme les nôtres et nous parviendrons au sommet rapidement (nous serons de retour à la benne à 10h…). Le sommet offre un splendide panorama sur le Mont Blanc en arrière-plan, Tour Ronde en premier plan puis au loin, un 360 magnifique en passant par l'Aiguille du Midi, les Aiguilles de Chamonix et notre fameuse Dent du Géant.

La descente s'effectue par le même trajet puis nous rejoignons tranquillement les remontées pour redescendre à la réalité…. Le sourire aux lèvres, la tête pleine de souvenirs magnifiques, notre première sortie en autonomie s'est parfaitement déroulée, dans la joie et la bonne humeur, comme à notre habitude !

Nous sommes plusieurs à partager le même point de vue : cette année passée en montagne avec Thibault (groupe alpi) et Lise (cours d'escalade) aura vraiment été riche d'enseignements. Moi qui pensais avoir du mal à tout enregistrer, comme si d'une sortie à l'autre j'avais tout oublié, je ne me suis jamais sentie en difficulté sur ces deux jours et j'ai pu mettre en pratique par moi-même tout ce qui a été vu cette année. Et ça, croyez-moi, ça fait du bien !

Amélie

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