Rejoignez-nous

- Le beau, le grand, j'ai nommé Argentière -

Week-end groupe alpi 2017

Le grand, le beau, j'ai nommé Argentière
23 et 24 juin 2018

Comme à notre habitude, le rendez-vous est donné le samedi matin et nous mettons en route direction le téléphérique des Grands Montets qui nous monte jusqu'à 3295 mètres d'altitude.

Nous ne serons que quatre pour ce dernier week-end du groupe alpi : Tonia, Eric, Thibault et moi (chtimi représente).
Une fois les crampons bien serrés, nous prenons la direction du glacier avec en ligne de mire le refuge d'Argentière que l'on devine au loin, par un petit point brillant.

Il fait grand beau, le soleil cogne et il fait déjà bien chaud en ce début de matinée.

Thibault lance le thème du week-end et m'envoie en premier tracer l'itinéraire. Après tout, on arrive à la fin de notre première année d'alpi et il faut bien se lancer.

Oui, mais en fait... c'est que je ne suis pas encore trop sûre de moi (faut bien avouer que c'est plus facile de faire sa trace sur un terril que sur un glacier!).

Bref, à mi chemin, Tonia prend la relève et nous mène jusqu'au refuge où, surprise, mon odorat est marqué par une odeur plus qu'agréable, qui se propage dans toutes les pièces du refuge, jusqu'aux toilettes ! What ?! Mais qu'est-ce qu'il se passe ici ? Tout est beau, tout est propre et ça sent bon ! Ça nous change du dernier refuge de Torino....

Attention, à Argentière, gardiens adorables mais gardienne très maniaque. Il y a des désodorisants à chaque prise électrique. Ok... après tout, on a rien sans rien.

Nous cassons la croûte puis prenons la direction de l'arête du Rabouin dont le départ se trouve juste derrière le refuge au niveau des oreilles de lapin.... (« Eric, tu les vois les oreilles de lapin ??? » « euh.... »). Cela nous occupera pour l'après-midi.

Côtée AD et d'un excellent granit, nous atteignons le sommet à 3159 mètres après un mélange de longueurs en corde tendue et de pas d'escalade, notamment dans un beau dièdre dont il faut se sortir par le haut, débouchant lui-même sur une belle partie aérienne qui porte assez bien son nom : le rasoir ! Je vous laisse deviner...

Nous alternons les rôles du premier de cordée, le tout dans un panorama époustouflant, entourés de pics acérés et de langue glacière éblouissante sous un soleil de plomb.

Le retour se fait par une partie en désescalade puis par la traversée d'un névé légèrement résistant aux rayons du soleil, pour rejoindre un sentier de randonnée menant au refuge.

Hop, de nouveau, les narines sont envahies de bonnes odeurs, ici, au refuge d'Argentière, il fait bon vivre, on y resterait bien plus longtemps que prévu.... les grandes baies vitrées offrent un panorama splendide pour le repas, tandis que le soleil se couche, laissant la place à un ciel étoilé et un glacier à peine éclairé par la lune.... la magie opère.

Le dimanche, les choses se corsent. Initialement, Maestro Thibault, nous sur-estimant quelque peu, pensait nous emmener faire l'Aiguille d'Argentière par l'Arête de Flèche Rousse. Mais quand même, on a bien du le rappeler à l'évidence, nous restons humbles à Douvaine, on est pas du genre à nous dévoiler tout de suite. Laissons la place aux autres, nous, on est pas pressés d'étaler notre savoir-faire !

En réalité, on a surtout voulu jouer la sécurité quant à la durée de la course car, faut bien l'avouer, on est pas des flèches (flèche rousse/on est pas des flèches....bon ok, je sors...) et il faut être sûr de reprendre la dernière benne, demain, y'a boulot !

Nous optons finalement pour Tour Noir en remontant par le glacier des Améthystes. Nous partons à la frontale en pouvant ainsi profiter des premières lueurs du jour venant caresser les sommets alentours. L'ambiance est magique, comme d'habitude...

Toutefois, plus nous remontons le glacier et moins je me sens en forme. Maux de tête, vertige et nausée. Jackpot. Je finis par redescendre face à l'évidence : je ne suis pas en état de grimper aujourd'hui. Comme disent les jeunes : c'est la loose....

Eric part avec Thibault, Tonia, contrainte et forcée, me ramène au refuge. Je culpabilise de lui ôter cette dernière course du groupe alpi.

Nous nous retrouvons tous au refuge lorsque les garçons terminent la course avec une conclusions magistrale de la part d'Eric : « J'me suis fait botter l'cul par Thibault » ah ah ah :-)

Quant à moi, c'est frustrée que je rentre à la voiture avec pour leçon du week-end qu'on ne lutte pas contre la montagne...

Amélie